D’une opération paille à une opération maïs

Par • 29 juin, 2011 • Catégorie: Temps fort

 

La session de la Chambre d’agriculture s’est tenue la veille de l’installation du conseil départemental « sécheresse », le 24 juin à la préfecture. Résultat de la mission d’enquête menée en Charente au titre de sa reconnaissance en calamités agricoles, Bertrand Wybrecht de la DDT a annoncé que l’administration présenterait une première estimation des pertes, fondée sur un taux de 50 % en prairies et de 10 % en maïs ensilage. « Pour le maïs ensilage, ce sera forcément plus » a aussitôt rectifié Alain Lebret, président de la Chambre d’agriculture en profitant pour relancer son idée « d’opération maïs », à mener dans la foulée de l’actuelle opération d’envergure, menée sur la paille.

Patrick Soury, président de la FNSEA 16 qui pilote cette « opération extrêmement lourde » avec les Jeunes Agriculteurs et l’appui de la Chambre d’agriculture, assure : « Cette paille qui nous défaut, on l’a trouvé, à raison de 30 000 tonnes dans l’Aisne. Les tarifs ne sont pas encore établis au moment où je vous parle. On attend que les éleveurs qui vont participer aux réunions de présentation (1) s’engagent sur des tonnages fermes et définitifs. Je pense pouvoir arrêter ces chiffres le 5 juillet, juste avant la récolte dans l’Aisne, vers le 10 juillet ».

« Je connais des éleveurs qui hésitent à commander, lui a répondu A. Lebret, car ils se demandent comment payer la note. Mais plus on attend, plus des élevages risquent de disparaître. Je suis d’ailleurs surpris par la décapitalisation actuelle ». Sans compter que certains éleveurs, comptant dès septembre sur un premier acompte d’indemnisation au titre de la reconnaissance en calamités agricoles, risquent d’avoir une mauvaise surprise. La saison n’étant pas terminée, le ministère de l’Agriculture prévoit de ne retenir, dans un premier temps, qu’un taux provisoire de 30 % de perte sur prairies. Taux qui sera modulé à l’automne, à la fin de la campagne fourragère et d’une mission d’enquête finale dans le département. Reste que certains « exploitants, pas à 100 % éleveurs » et « des laitiers, dont la part de l’assolement repose plus sur du maïs ensilage, que de l’herbe » pourraient ne recevoir leur indemnité dans son intégralité qu’à la fin de l’année 2011, voire début janvier 2012.

Volumes prélevables : accord signé

Qui dit sécheresse, dit aussi gestion de l’eau. Et, c’est un paradoxe, la situation semble s’éclaircir entre des observatoires de l’eau plutôt consensuels (lire en page 5) et un compromis trouvé sur la question des volumes prélevables. Témoin : cette signature de protocole d’accord, survenue le 21 juin à Poitiers entre les quatre chambres d’agriculture et les préfets de la région : « La première pour l’agence Adour-Garonne » se félicite tout autant le préfet, que Yohan Delage, vice-président de la Chambre d’agriculture en charge des questions d’irrigation. Les deux à trois dernières pierres d’achoppement, qui restaient à régler pour les bassins charentais, ont donné lieu à consensus, qu’il s’agisse pour le Karst de La Rochefoucauld de l’attribution de 11,5 M de m3 de volumes de gestion, en attendant une éventuelle correction du DOE de la Touvre et pour le bassin de Charente-Amont, d’une autorisation de prélever 5 M de m3 au printemps, en fonction de la ressource.

Reste encore à aboutir sur l’organisme unique, la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime boudant le projet charentais de coopérative à sections. Ou encore sur les réserves de substistution, dossier sur lequel le préfet n’hésite pas à se montrer pressant à l’égard de la profession agricole pour qu’elle « rédige un cahier des charges transparent sur ses pratiques ». Qu’il restera encore à faire approuver par les associations environnementales… 

Fabienne Lebon

(1) Reste encore deux réunion, cette semaine :

- ce soir 30 juillet, à 20 h 30 dans la salle des fêtes de Chabanais, pour les cantons de Chabanais et Saint-Claud.

- demain 1er juillet, à 20 h 30 dans la salle des mariages de la mairie de Chalais, pour les cantons de Chalais, Montmoreau et Villebois.

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