Changement climatique : les perspectives pour l’agriculture du Poitou-Charentes
Par F.L. • 22 déc, 2011 • Catégorie: Non classé •La 3ème journée recherche et développement co-organisée par l’Inra et la Chambre régionale d’agriculture Poitou-Charentes a fait le point sur le changement climatique et les pistes d’adaptation pour l’agriculture de la région.
« Le climat du 21e siècle sera différent de celui du 20ème siècle » a assuré Michel Deque de Météo France Toulouse. « Les causes du réchauffement lié à l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre ont peut de raison de disparaître ou même de s’atténuer à moins de bouleversement historique ou technologique » a t-il indiqué. Tous les scénarii des experts du climat prévoient une poursuite de l’augmentation des températures déjà constatées y compris au niveau des stations régionales. « Les températures annuelles moyennes glissantes sur 30 ans ont augmenté de 1 °c pour la station de Saintes et de 0,8 °c pour celle de Cognac depuis 1980. Et le nombre de jours de très fortes chaleurs a aussi augmenté. A l’inverse les jours de gel ou de températures très basses ont diminué » ont observé les ingénieurs de la station viticole du bureau national interprofessionnel du cognac. Avec les scénarii d’augmentation des températures, d’allongement des périodes très chaudes et très sèches, ils s’attendent sur la vigne à un raccourcissement du cycle végétatif avec des dates de récolte avancées à des périodes plus chaudes, une accélération de la maturation avec augmentation des sucres et baisse de l’acidité. Des évolutions qui auront des conséquences sur les procédés d’élaboration, le choix des cépages avec des variétés à cycle long, mais aussi les techniques culturales et oenologiques.
Des cultures à cycle long
Avec l’augmentation des températures, les simulations sur le climat prévoient aussi un allongement des périodes très sèches et très chaudes en été, des hivers moins froids et des baisses de précipitations surtout au printemps et en été. « En Poitou-Charentes, comme dans la zone Ouest et sud-ouest de la France, l’impact agro-environnemental majeur concerne le bilan hydrique. La physiologie des cultures peut aussi modifier la recharge des nappes aquifères, ont indiqué Frédéric Levrault de la Chambre régionale et Jean-Louis Durand de l’Inra de Lusignan. Malgré les incertitudes, le projet Climator met en évidence des tendances sur les différents systèmes de cultures. Les semis seraient plus précoces, les variétés plus tardives. Là aussi, les variétés à cycle long devraient mieux s’en sortir mais au prix d’une augmentation des besoins en irrigation alors que les nappes aquifères auraient du mal à se recharger.
Des fourrages bousculés
« Les phénomènes envisagés vont affecter les performances de nos systèmes fourragers plutôt positivement pour la températures et l’augmentation du Co2 et de façon défavorable pour la baisse des précipitations estivales et les évènements climatiques extrêmes » ont indiqué Jean-Claude Emile et Sandra Novak de l’Inra qui proposent de revisiter les systèmes fourragers. « La saisonnalité de la production fourragère serait bousculée et la pousse estivale serait plus aléatoire avec plus d’herbe au printemps et tard en saison». Une situation qui devrait permettre d’augmenter les jours de pâturage. Mais il faudra trouver des stocks pour l’été, L’inra de Lusignan teste avec son troupeau laitier, le sorgho grain dont les variétés évoluent, le pâturage des céréales avant de les récolter plus tard en grain, les cultures intermédiaires pour faire du stock fourrager, les mélanges moins gourmands en intrants et en eau… « Dans tous les cas il faudra retrouver le bons sens en adaptant les cultures au sol et au climat et le troupeau au fourrages disponibles pour sécuriser l’affouragement ». Une règle qui n’est pas inédite et dont les fondamentaux ont été mis en exergue déjà en 2010 et 2011.
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