L’entretien mécanique des vignes, ce sont les viticulteurs qui en parlent le mieux !

Par • 11 juil, 2012 • Catégorie: Viticulture

Les concessionnaires de matériels locaux seront bien conviés le 18 juillet à la démonstration sur l’entretien mécanique des vignes, organisée par le Sivom* du Cognaçais et la Chambre d’agriculture de Charente, mais ils y joueront un rôle de second plan. La parole sera d’abord donnée aux viticulteurs, propriétaires de matériels de marques différentes, qui exposeront dans la plus grande transparence les atouts et les inconvénients de leurs outils de travail sur le rang et en inter-rang. C’est ce qu’Aude Patry, animatrice Re-Sources et Laurent Duquesne, chargé de mission sur le Bassin versant du Né, appellent « le retour d’expériences des viticulteurs ». Cette demi-journée technique commencera dès 14 heures à Herpes sur la commune de Courbillac. Sur place, Franck Perronnet a accepté de mettre quelques rangs de vignes à disposition pour une démonstration d’outils de marque Belhomme (par H. Mesnard de Rouillac), Actisol-Braun (par F. Guillon de Sonneville), Clemens (par B. Feugnet de Rouillac), Braun (F. Vincent de Herpes), Souslikoff (par F. Pol de Mareuil), Arrizza (par J.-F. Quéron de Macqueville), Boisselet (par J.-Y. Verhaeghen de Sigogne), Egretier (par L. Couzin de Verrières) et  Ferrand (par T. Allafort de Bourg-Charente). Pour certains, il s’agit de matériels acquis dans le cadre d’une mesure agroenvironnementale de réduction des herbicides sur vignes ; d’autres ont été acquis grâce à un PVE (plan végétal pour l’environnement) : c’est le cas de Francis Vincent, viticulteur à Courbillac qui a financé ainsi l’achat d’un pulvérisateur ou de Bertrand Feugnet, exploitant à Rouillac, qui s’est décidé pour un intercep hydraulique à atteler à l’avant de son tracteur et une herse rotative à l’arrière. Avec 40 % de subvention à la clef et des motivations plus tournées vers l’environnement que l’économique, pour ce qui concerne ce jeune viticulteur et éleveur de porcs de 36 ans. « Non, si je n’étais resté que sur des considérations purement économiques, mieux vaut encore utiliser des bidons de glyphosate à raison de 3,20 euros le litre, que du matériel comme celui-ci qui sert à limiter le passage d’herbicides sous le rang », répond en toute honnêteté l’associé en GAEC, qui pointe également du doigt « le débit faible du chantier, l’amortissement du matériel et le coût du carbutrant ». L’intérêt est donc ailleurs. Pour Aude Patry, il est de « faire intégrer aux viticulteurs de plus en plus de pratiques culturales alternatives en rapport avec la qualité de l’eau ». Dans cet objectif, pour Laurent Duquesne, tous les moyens sont bons, qu’il s’agisse de « favoriser les mises aux normes, utiliser du matériel qui respecte l’environnement, faciliter les mé­tho­des culturales ». Sur le bassin versant du Né, une centaine de MAE-t ont déjà été contractualisées et une cinquantaine de PVE souscrits. Sur le secteur localisé du captage de la Fosse Tidet (7 communes), on n’est en revanche qu’à 13 PVE souscrits en trois ans, contre 29 MAE-t. N’empêche… au bout de ce chemin vertueux, il y a, pour Lilian Jousson, président du Sivom du Cognaçais, l’espoir de voir, « à long terme », se réduire le taux de nitrates, problématique numéro un sur l’aire de captage de la Fosse Tidet. Sur le bassin versant du Né, Laurent Duquesne perçoit déjà « une qualité assez nettement améliorée » de cette eau superficielle qui alimente la Charente, du fait du retrait de certains produits phyto.

Fabienne Lebon

* Syndicat intercommunal à vocations multiples

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