L’UGVC appelle à la raison

Par • 18 juil, 2012 • Catégorie: Viticulture

Ce n’est certes pas avec des « si » que l’appellation cognac va trouver son nouveau modèle de croissance devant la demande florissante des marchés internationaux. Pourtant, on peut se questionner sur la capacité passée, du négoce et de la viticulture, à anticiper les besoins de production telle que la région les connaît aujourd’hui. Et « si » les rendements autorisés n’étaient jamais descendus à
6 hl AP/hectare, connaîtrait-on la pénurie actuelle sur les comptes 4 et 5 ? S’inquiéterait-on de la capacité d’un vignoble vieillissant à répondre aux besoins du négoce ? Verrait-on le prix des vignes passer la barre des 50 000 € et défier toute réalité économique de rentabilité ?
Christophe Forget et Stéphane Roy n’ont pas le temps de refaire le monde. Ils veulent avant tout redonner une dynamique à la viticulture charentaise. L’évolution des outils de gestion de la production mis en place au sein de l’interprofession, montre la volonté de sortir d’un modèle collectif figé. Règle de calcul intégrant désormais les besoins du négoce sur 12 ans, réserves de gestion et climatique en sont les instruments les plus efficaces. A la clé un développement pérenne du négoce et de la viticulture sans les à coups du passé. En attendant, la spéculation fait rage, tant sur les prix des eaux-de-vie vieilles sur le marché libre que sur le prix de l’hectare de vigne. Un sujet qui fâche à l’UGVC.  » Il y a peu de transactions, tempère Stéphane Roy. Une grosse centaine d’hectares depuis le début de l’année, principalement des opérations ponctuelles, entre voisins. Souvent d’une surface limitée et comprenant du matériel ou des bâtiments ». Le syndicat unique n’en demeure pas moins inquiet. Il met en garde les viticulteurs, acheteurs et cédants, sur le bon sens économique qui veut que la pérennité du vignoble passe par des prix raisonnables (35 000 € est le prix « idéal » évoqué) permettant l’amortissement. L’inflation sur le foncier rendant difficile l’agrandissement et l’installation des jeunes.  » Le fisc se base sur le prix des transactions pour son évaluation » précise le président Forget. Pour l’achat d’une vigne, il convient de prendre en compte le prix de vente du vin mais aussi les coûts de revient et l’ensemble des amortissements de l’entreprise. Notons que la spéculation sur la vigne n’est pas prise en compte dans l’étude des coûts de production réalisée par le BNIC.

6,3 % minimum sur le prix de vin

Les représentants de l’UGVC ont tenu à rappeler le travail syndical effectué auprès des négociants en vue de la revalorisation du prix du vin. À l’issue de plusieurs rencontres avec les négociants, la viticulture attend cette année, une augmentation de rattrapage de 5 % à laquelle s’ajoute 1,3 % lié à la hausse des coûts de production. Sur la campagne précédente, l’augmentation moyenne accordée par le négoce a été inférieure au 5 % demandé par la viticulture. « Nous sommes confiants mais vigilants » rassurent d’une même voix Christophe Forget et Stéphane Roy. « Depuis 2005, avec la formule de calcul, la viticulture a fait le choix d’accompagner le développement du négoce et cela passe par une augmentation des prix du vin. De son côté le négoce a conscience du besoin de sécuriser ses approvisionnements » concluent les porte-parole du syndicat encourageant leurs troupes viticoles à donner la priorité au renouvellement du vignoble* et au stockage.

Christine Croizet

* Les dossiers de demande d’aide à la restructuration concernant les plantations doivent être déposés auprès de l’administration avant le 31 juillet 2012. L’UGVC se propose de les vérifier et de les déposer pour vous. Pour plus d’informations : Service juridique de l’UGVC au 05 45 36 59 88

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