Lutte contre la flavescence dorée : l’UGVC prend la cicadelle par les cornes

Par • 1 août, 2012 • Catégorie: Viticulture

Réunis dans le vignoble d’Amaury Firino-Martell, à Cherves de Cognac, vendredi dernier les responsables du groupe de travail “Flavescence dorée” de l’UGVC ont présenté leur stratégie de lutte contre l’extension de la maladie dans le vignoble.
“Devant le constat  de l’échec de la lutte contre la flavescence dorée  mise en place par les organismes de référence, nous avons décidé de nous investir pour éradiquer ce fléau, en commençant par faire un état des lieux. Il ne s’agit pas pour nous de se cantonner à critiquer ce qui a été fait précédemment, mais plutôt d’apporter des propositions nouvelles et de recenser les outils nécessaires à la lutte. Dans un premier temps il s’agit de savoir de quels outils on peut disposer, après nous nous occuperons du financement” a déclaré en préambule Stéphane Roy, secrétaire général du Syndicat d’Union des viticulteurs du cognac. Annabelle Monnereau qui dirige ce groupe de travail a ensuite exposé la façon de procéder qui, pour l’instant va reposer sur du bénévolat, puisque ce sont 186 délégués plus 6 volontaires qui ont été sollicités par le syndicat,  pour effectuer un travail de prospection assorti d’une installation de pièges pour mieux cibler les zones les plus sensibles, sur l’ensemble du vignoble. Autant dans le périmètre de lutte obligatoire que dans les zones
assainies, voire les zones blanches qui représentent encore 30 % du vignoble.

Nouveau phylloxéra

La pose de pièges sera effectuée dans un premier temps sur 4 000 ha, à peu de frais (le coût d’un piège revient à un peu plus de 10 euros). Mais elle exigera tout de même une mobilisation des délégués sur le terrain, tous volontaires pour suivre une formation qui leur permettra d’identifier les ceps atteints par la cicadelle. C’est là que l’aide de la Fredon, représentée dans le vignoble du cognac par Laetitia Sicaud, sera précieuse car entre l’expression de la flavescence dorée et celle du bois noir, il n’est guère que les spécialistes pour s’y retrouver. Pour plus de certitude les feuilles malades récoltées sur les ceps seront analysées. Aujourd’hui 600 analyses vont être financées.
“Evidemment il y a encore beaucoup de boulot sur la planche. Mais l’important est qu’il y ait une véritable prise de conscience chez tous les viticulteurs. Elle est en train de se faire” a souligné le secrétaire de l’UGVC.
Amaury Firino-Martell un des premiers volontaires pour cette opération de longue haleine a fait alors une démonstration de piégeage, dans une parcelle de son vignoble de 140 ha. “J’ai installé 10 pièges sur tout mon vignoble. En principe un piège doit suffire pour cibler la maladie sur 2 à 3 ha. Je fais le tour des parcelles piégées, deux fois par semaine. Ce qui m’occupe environ près de trois heures, c’est un petit sacrifice, mais le jeu en vaut la chandelle. Il est impératif que tout le monde se mobilise, l’avenir de notre vignoble est en jeu. Il ne faut pas se voiler la face la flavescence dorée, c’est le nouveau phylloxéra du vignoble charentais.”

G.G.

Se former pour bien connaître la maladie

Pour accompagner les viticulteurs dans la lutte contre la flavescence dorée, les Chambres d’agriculture, en accord avec les autres OPA, UGVC, Station viticole, Fredon… organisent une formation. Au programme de la journée : la maladie et ses consé­quences sur le vignoble et sa pérennité ; la cicadelle, son cycle et surtout son pouvoir contaminateur ; la lutte avec les stratégies insecticides et les prospections ; la réglementation, clef de voûte de la lutte obligatoire.
Cette formation aura lieu dans les vignes pour identifier les symptômes et les foyers.
Elle est ouverte aux viticulteurs, mais aussi aux salariés d’exploitations viticoles. On y développera aussi les techniques de prélèvements ainsi que le rôle des référents. Ces formations sont gratuites et sont soutenues par Vivéa ou le Fafsea et la chambre d’agriculture. Elles auront lieu à :
- Segonzac, les 29, 30, 31 août, 3, 4, 5, 6, 7 septembre
- Saintes, les 29 et 31 août, 3, 4, 5, 6, 7 septembre
- Jonzac : 4, 5 et 6 septembre
- Burie : 5 septembre
- Barbezieux : 10 septembre
- Cherves : 4 et 5 septembre. Ces deux jours de formation, à Cherves sont réservés aux salariés avec un financement Fafsea.
Contact : Frédéric Joseph, antenne de la Chambre d’agriculture de Segonzac au 05 45 36 34 00.

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