La famille Brard Blanchard, pionnière de la viticulture bio

Par • 10 août, 2012 • Catégorie: Bio

Les portes se sont ouvertes samedi 4 et dimanche 5 août dès 10 heures du matin, pour accueillir clients et amis. L’occasion pour Sophie Laguerre, fille de Jacques Brard Blanchard de proposer à ses visiteurs une ballade nature (remorque et bottes de paille en renfort !) au milieu de ses 20 hectares de vignes. En viticulture biologique depuis 1972, Jacques Brard Blanchard n’est pas le plus ancien viticulteur bio de Charente. La palme revient à Georges Pinard de Foussignac… son oncle converti en 1969. Opportunisme commercial pour ces viticulteurs atypiques ? Que nenni ! Ces missionnaires du bio se sont lancés sans guide, ni marché. Plus de la moitié du cognac bio est encore vendu aujourd’hui aux négociants. Il rejoint les assemblages de cognac conventionnel. Sans aucune valorisation. Une dizaine de producteurs sur la soixantaine que compte l’aire de production cognac a choisi la vente directe. Jean-Baptiste Pinard, petit-fils de Georges, fait partie de ses aventuriers mais il préfère parler d’une démarche de qualité plutôt que d’une volonté de différenciation. « La certification cognac biologique est un argument complémentaire, une garantie de traçabilité mais on ne joue pas sur les prix », explique le viticulteur des Fins Bois.

Préoccupations sanitaires

Ce sont bien des préoccupations sanitaires qui, à la fin des années 60 ont convaincu Georges Pinard, son fils Guy et son neveu Jacques Brard Blanchard de changer leurs pratiques culturales. « Mon père souffrait d’une grave allergie respiratoire liée à l’utilisation d’un produit de traitement », confie Sophie Laguerre. « Il a pris conseil auprès de son oncle et a pu conserver son métier en changeant ses méthodes. Il est d’abord passé au bio puis à la vente directe en 1976 ». Dans la famille Pinard, c’est un médecin de famille, venu soigner un des fils toujours malade pendant les vendanges, qui s’interroge sur les pratiques.

Une question de goût

Pourtant, aux origines étaient le goût et la volonté de retrouver les qualités nutritives et gustatives des aliments. Au début des années 60 les professeurs Lemaire et Boucher parcourent la campagne. Ils veulent convaincre qu’une culture sans chimie est possible grâce à l’utilisation de fumures organiques assainies par le compostage. Ils prônent le retour à la qualité des produits « environnementaux » qui prennent le meilleur du terroir. Et si le bio était enfin tendance ? Les producteurs y croient et constatent un mouvement vers la consommation responsable et une attitude plus éthique des consommateurs. Quarante ans de bio cela se fête ! D’autant plus qu’à peine de 1 % du vignoble du cognac est en culture biologique. De nouveaux viticulteurs candidats à la conversion s’engagent chaque année. Citons les 57 hectares certifiés du Domaine du Breuil de Maria et Patrick Brillet à Segonzac et la propriété de Jean Guerbé en cours de conversion. Ces artisans du cognac mesurent d’autant plus la valeur de leur engagement que les attaques de mildiou succèdent à une année de sécheresse. Malgré l’utilisation de cuivre, Sophie Laguerre estime avoir perdu la moitié de la récolte à venir.

Christine Croizet

Une Réponse »

  1. Déplorer une perte de la moitié de sa récolte parce que l’on s’interdit l’utilisation de produits de synthèse qui ne sont pas plus polluant pour l’environnement que la bouillie bordelaise, est-ce vraiment raisonnable ? Pour moi, l’agriculture biologique est une formidable supercherie marketing.
    http://0z.fr/w9a0y

      

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